tout-numerique1Les pouvoirs publics s’interrogent sur la transition numérique de la radio. Si la télévision numérique terrestre – la TNT – est une réussite, alors pourquoi la radio numérique terrestre – la RNT – ne le serait-elle pas à son tour ?

En réponse, les experts évoquent les différences entre la RNT et la TNT : pour la TNT, les opérateurs de télévision nationaux obtinrent des autorisations nationales ; ce n’est pas le cas des radios, qui doivent faire acte de candidature pour la RNT, sans certitude, région par région. La TNT multipliait par trois l’offre de programmes gratuits, ce n’est pas le cas de la RNT, dont l’accroissement de programmes sur les zones denses est marginal. La TNT se lançait avec une nouvelle génération de récepteurs TV : écrans plats et haute définition ; quant aux récepteurs plus anciens, ils bénéficiaient d’adaptateurs. Rien de cela pour la RNT : les récepteurs sont aussi sexy que des briques et il faut jeter 140 millions de radios analogiques.

En outre, la TNT démarrait au moment où la télévision s’ouvrait à de nouveaux secteurs publicitaires comme celui de la distribution – jadis réservé à la radio – et où le pouvoir d’achat croissait avec l’économie. La RNT propose de se déployer alors que le secteur de la radio accuse le rude choc de la crise de 2008 et que les ménages mesurent leurs dépenses. Enfin, les acteurs de la TNT reçurent des aides financières significatives pour accompagner le passage au numérique. Pour la RNT, le sujet est évoqué, voir souhaité, mais sans résolution définitive à ce jour. Le financement public ne soutient pas la volonté publique.

Ce constat n’arrêta pas l’administration, qui s’engagea à surmonter ces obstacles. Guidée par la loi, elle procéda au lancement de la RNT en impliquant les principaux acteurs dans sa démarche, tant pour la définition de la norme de diffusion que pour le choix de la bande hertzienne la plus appropriée. Elle reçut des dossiers de candidature pour les premières zones et procéda, comme dans l’analogique, à la distribution des autorisations aux élus de son choix.

Ce processus s’assortit de nombre de déclarations d’intention quant à la magie du numérique, synonyme de modernité. En oubliant un peu vite que le CD, quoique numérique, appartient plus au passé qu’à l’avenir…

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