Curieux phénomène, connu depuis peu et mal expliqué, les éclairs ascendants partent du sommet des nuages d’orage en direction de l’ionosphère. Par hasard, une équipe américaine a pu en photographier un et en mesurer la charge électrique.

[col-sect][column]D’ordinaire, lors d’un orage, les éclairs zèbrent le ciel entre la base des gros nuages d’orage, les cumulonimbus, et le sol. C’est ainsi que les hommes les ont vus jusqu’au vingtième siècle. Mais il en est parfois d’autres, beaucoup plus élevés, qui naissent au sommet de ces grands nuages et filent vers le haut, jusqu’à atteindre l’ionosphère.

Ces gigantesques jets, comme on les appellent souvent, sont très rarement observés, parfois depuis le sol, plus souvent depuis l’orbite terrestre, et n’ont été photographiés que cinq fois depuis 2001. Ils ne semblent pas systématiquement associés aux éclairs et le peu de choses que l’on sait d’eux est qu’ils grimpent très haut, jusque vers 90 kilomètres d’altitude, avec une vitesse bien supérieure à celle des éclairs descendants qui nous sont familiers, car ils voyagent dans une atmosphère plus ténue. Cet échange de charges réalise ainsi un couplage électrique entre la troposphère et l’ionosphère, une interaction que l’on connaît très mal.[/column]

[column]On connaît d’autres phénomènes de ce genre, notamment les jets bleus, qui eux aussi s’élèvent depuis le sommet des nuages orageux mais montent bien moins haut. En juillet 2008, au moment de la tempête tropicale Cristobal, une équipe de la Duke University, dirigée par Steven Cummer, avait préparé une installation sophistiquée pour observer une classe particulière de ces phénomènes lumineux éphémères, les sylphes rouges, également appelés farfadets, ou encore sprites en anglais. A 250 kilomètres de la côte, une caméra ultrarapide scrutait la haute atmosphère, au-dessus des nuages de la tempête, tandis qu’un appareil mesurait le champ magnétique ambiant. [/column][/col-sect]
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