Les radios amateurs columérins ont créé un système sophistiqué à partir de matériels récupérés.

f5kug31«On émet et on reçoit des images de télé des autres radioamateurs ». Bernard Flouzat résume ainsi l’activité de la petite section radioamateur du club Léo Lagrange dont il a la présidence. 18 membres se réunissent régulièrement dans l’étroit local du chemin de la Nasque pour envoyer er recevoir ces images. Ils utilisent les bandes de fréquence réservées à la radio F5 KUG à savoir : «en-dessous des grandes ondes de la bande FM comprises entre 88 et 108 et au-dessus de celles utilisées par la télévision par satellite», explique le président du club qui a obtenu en 1980 la licence qui l’autorise à émettre.
Un projet lunaire

A l’aide du pied d’un ancien radar météo acheté 1500€, d’une parabole de réception satellite de télévision de près de 4 mètres récupérée et adaptée, d’équipements radio prêtés et d’un peu d’huile de coude, l’association a réalisé une parabole motorisée qui effectue des communications par réflexion sur la Lune.

A l’initiative du projet, la Cité de l’Espace qui à l’occasion de l’année de l’astronomie a voulu mettre en place différentes activités. Le Réseau des Emetteurs Français, la principale association radioamateur française qui a été contacté pour le projet, a transmis le dossier au club columérin.

La parabole, installée à la Cité de l’Espace, envoie une onde radio sur la Lune qui la réfléchit. L’engin la reçoit ensuite sous forme d’un bip et il est également possible de la visualiser sur l’écran d’ordinateur. Il faut patienter 2.30 secondes environ pour que le signal revienne. Pour Bernard Flouzat, cette démonstration est l’occasion de faire prendre conscience aux gens de la distance qui nous sépare de notre satellite naturel à l’heure où l’on est habitué à l’instantanéité. «Même si le temps d’attente est bref, il est loin d’être négligeable», souligne-t-il.Outre ce projet, la section organise toute sorte d’activité : concours de fabrication d’un poste à Galène, l’ancètre du récepteur, sortie au Cap d’Agde, point culminant d’où ils sont même parvenu à : «communiquer avec la Corse ou encore la Sardaigne avec la seule puissance d’une lampe de poche», comme le déclare fièrement le président du club.

Parfois, ils se retrouvent avec d’autres associations pour une chasse au renard, «activité sportive et ludique» qui consiste à retrouver des balises cachées dans une forêt à l’aide de récepteurs fabriqués par leurs soins.

Le président conclue : «On est amené à peindre, parler anglais, chercher où se situe une ville : ça ouvre beaucoup d’horizons».

Source: www.ladepeche.fr