pirate2Pas facile pour les autorités de s’attaquer à des stations qui utilisent la Toile pour diffuser leurs contenus sur la bande FM.
Vous écoutez tranquillement la radio dans votre voiture lors­que, brusquement, votre chanson préférée est remplacée par un vacarme à mille lieues de vos goûts musicaux. Cela arrive dans les grandes villes où les radios sont victimes de stations pirates qui jouent leur propre musique entrecoupée de réclames agressives pour des con­certs ou des bars. Et, à en croire l’Ofcom, l’organisme de surveil­lance britannique chargé de la gestion et de la protection des fréquences radio, ce genre de situation ne risque pas de disparaître de sitôt.

Par le passé, les radios pirates émettaient grâce à une antenne installée sur le toit d’un immeuble, connectée à un émetteur FM. “Au­jourd’hui, les radios pirates cherchent à se protéger de l’éventualité d’une saisie en diffusant leurs programmes via Internet”, explique Paul Mercer, un responsable de l’Ofcom. Si les gens peuvent écouter une radio sur la Toile en toute légalité, ce même flux audio peut également être utilisé dans le sens inverse pour accéder à distance à un émetteur. Il n’est alors plus nécessaire d’utiliser des ondes radio, trop facilement détectables. Bien qu’ils utilisent le Net, les pi­rates ne s’in­téressent pas aux radios en ligne pour autant. Ils veulent avant tout que leurs program­mes soient accessibles depuis la rue.

Même si l’émetteur et l’antenne d’une radio pirate sont saisis, il suffit aux contrevenants de rediriger par Internet leur signal vers d’autres émetteurs pour continuer à émettre. En 2005, une série de descentes simultanées ont été menées contre des radios pirates londoniennes. Lors de ces opérations, 53 émetteurs et 17 antennes ont été saisis et l’émission illégale de programmes sur les ondes a diminué de 57 %. Mais ce succès a été de courte durée. Dans les semaines qui ont suivi, les pirates ont repris l’antenne et, après quelques semaines, le nombre de programmes illégaux est revenu au niveau initial. Pour empêcher les pirates d’envahir les ondes, l’équipe de Paul Mercer ne doit pas relâcher ses efforts, notamment en matière de surveillance sur Internet. Elle peut ainsi dépister l’hôte du flux audio d’une radio en ligne, laquelle les conduira jusqu’aux pirates. Mais les responsables de l’Ofcom ne rêvent que d’une chose : ils voudraient que les pirates finissent réellement par migrer sur le Net et libèrent une bonne fois pour toutes la bande FM.

source: courrierinternational.com