On savait déjà que les oiseaux d’une même espèce, répartis sur des territoires différents, chantaient différemment. Mais cette variation, que les scientifiques assimilaient à une sorte de dialecte local, serait bien plus que cela : elle est fonctionnelle et s’adapte en fonction de l’environnement.
Le bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) est un passereau de 18 cm de long très répandu en Amérique du Nord et au Canada, ainsi qu’au Mexique et aux Bahamas. Une des cinq sous-espèces, Zonotrichia leucophrys nuttalli, réside en permanence et Californie et à la différence des quatre autres, n’est pas migratrice.
La biologiste américaine Elizabeth Derryberry, chercheuse à l’Université d’état de Louisiane, vient de constater que le chant actuel de ces oiseaux est différent de celui enregistré presque par hasard en 15 endroits différents voici 35 ans par un chercheur de l’Académie des Sciences de Californie. Mieux : les mélodies diffèrent selon l’endroit et les changements accompagnent les modifications apportées par l’Homme à l’environnement local.
Ainsi, la hauteur chromatique et la vitesse d’interprétation des chants ont considérablement baissé dans de nombreux cas. En langage imagé, on pourrait dire que les bruants ont troqué leur accent italien contre un accent suisse…

Phonogramme du chant du Bruant à couronne blanche, enregistré en 1979 et 2003. Source : Louisiana Museum of Natural History

Phonogramme du chant du Bruant à couronne blanche, enregistré en 1979 et 2003. Source : Louisiana Museum of Natural History


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