Par Laurent Sacco, Futura-Sciences
On sait depuis environ un siècle que le champ magnétique de la Terre s’inverse plus ou moins périodiquement. Si le mécanisme de génération du champ magnétique de notre planète ne fait plus de doute, le pourquoi de ces inversions était moins bien compris… jusqu’à une publication récente d’un groupe de géophysiciens français.
On savait dès le dix-neuvième siècle que grâce à des minéraux riches en fer qu’elles contiennent, les laves ou encore les poteries dans un four enregistrent en se refroidissant les caractéristiques du champ magnétique de la Terre. Mais il a fallu attendre 1905 pour découvrir les inversions du champ magnétique de la Terre grâce aux travaux de Bernard Brunhes.
Les premières tentatives sérieuses d’explications du champ magnétique terrestre datent du début du vingtième siècle et reposent sur l’idée que le noyau liquide de la planète est le siège de mouvements de convection générant un champ magnétique, à la façon d’une dynamo auto-excitatrice. Un champ magnétique faible se trouve amplifié et produit des courants électriques générant à leur tour un surplus de champ magnétique, le tout en relation aussi bien avec la rotation de la Terre qu’avec les courants de convection de l’alliage fer-nickel occupant la partie liquide du noyau de la Terre.
Cette théorie a reçu une confirmation éclatante avec l’observation en laboratoire, grâce à l’expérience VKS, de la génération d’un champ magnétique dans du sodium liquide turbulent ainsi que de l’apparition d’un régime d’oscillations de l’intensité et de la polarité du champ magnétique généré. Toutefois, une compréhension fine du mécanisme d’inversion de la polarité du champ magnétique faisait encore défaut. Ce manque vient peut-être d’être comblé avec une publication de chercheurs, membres de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) et de l’Ecole Normale Supérieure.
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