Ils étaient cinq à comparaître le 31 mars, dans trois dossiers différents mais pour un même délit : avoir chassé avec des radios.

Les cinq prévenus avaient été pris la main dans la besace par des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), lors de trois contrôles effectués, pas tout à fait au hasard, les 16 décembre et 26 janvier derniers, à Arudy et Louvie-Juzon. Hier, le tribunal correctionnel de Pau a prononcé des peines d’amende allant de 75 à 200 euros contre les protégés de Saint-Hubert. Ainsi que la confiscation de leur matériel radio.

Lors de leur comparution devant le tribunal, aucun de ces hommes n’avait reconnu avoir utilisé ces radios en action de chasse. Âgés de 20 ans, pour le plus jeune, à 79 ans, pour le plus âgé, ils avaient tous une bonne explication pour la possession de ce matériel prohibé.

L’un, contrôlé à Arudy, avait expliqué qu’il utilisait son radioémetteur uniquement pour retrouver ses chiens à la fin de la battue. Un autre, un retraité de 71 ans, expliquait que c’était sa petite fille qui lui avait offert son matériel pour « aller aux champignons » et que, sinon, il l’utilisait « pour écouter les animations genre courses de VTT dans le secteur » lors de ses promenades.

Gibiers de potence

Sauf qu’en le contrôlant, les gardes-chasses ont allumé son appareil et sont tombés sur une conversation entre chasseurs.

Et dans le cas du troisième contrôle, les prévenus ont expliqué qu’ils revenaient d’une partie de chasse en Espagne où les radios sont autorisées et qu’ils avaient oublié de les retirer de leur sac.

Non seulement les prévenus couraient après le gibier en communiquant par les ondes, ce qui est proscrit en France, mais certains utilisaient du matériel qui nécessite une licence de radioamateur, qu’ils n’avaient pas. Nombre de « vrais » radioamateurs se plaignent d’ailleurs de se faire brouiller l’écoute par des conversations sauvages entre chasseurs.
Ceux-là, lors de l’audience, n’avaient d’ailleurs pas apprécié de se faire traiter comme du gibier de potence. « Les gardes-chasses m’ont volé ma radio comme des malpropres », s’était indigné l’un d’eux. « Comme des agents assermentés », avait corrigé le procureur.

L’un des plus jeunes s’était ému à la barre : « J’ai été fouillé comme si j’avais tué quelqu’un. Depuis, quand je chasse, j’ai peur ». Le jeune homme avait également confié son désarroi de s’être fait confisquer un coûteux fusil, qu’il avait acquis au prix de patientes économies. Pas chien, le tribunal a ordonné la confiscation des radios, mais a autorisé la restitution des armes.

Auteur : Gwenaël Badet SUD-OUESTdu 29 avril 2009