photo-leparisien« C’est comme si on était dans l’espace avec lui »
Hier, comme peu d’enfants avant eux depuis 1999, des écoliers ont dialogué avec le commandant de la station spatiale internationale qui passait au-dessus de la France.

Hier après-midi ,15 h 34. Le silence se fait dans l’espace Salvador-Allende de Viry-Châtillon empli d’enfants et de parents d’élèves. Seul un crachouillis sort des enceintes. Soudain, une voix masculine résonne dans le gymnase. « Good afternoon, ISS calling ». Des yeux se lèvent vers le ciel. Car l’homme qui vient d’entrer en contact avec les radioamateurs de Viry, sous le regard ébahi des écoliers, n’est autre que Mike Fincke, le commandant américain de la Station spatiale internationale, qui passe en ce moment même au-dessus de la France, à 27 700 km/h.

C’est parti pour dix minutes d’échange express. Eric, un opérateur bénévole, pose dans un anglais parfois hésitant 16 questions préparées par les élèves de deux classes de CM 1 et CM 2 de la commune. A 400 km au-dessus d’eux, l’astronaute répond d’une voix à peine brouillée. En direct, deux interprètes prennent en note les réponses, pour les traduire aux enfants à l’issue de la conversation.

« Good afternoon, ISS calling »

Les petits curieux pourront ainsi apprendre que les habitants de l’ISS, enfermés là-haut depuis le mois de novembre, peuvent communiquer deux fois par jour avec leur famille. Qu’ils ont emmené avec eux des fourmis et des araignées, qui ont survécu quelques mois en apesanteur. Et que le meilleur souvenir de Mike Fincke reste une sortie dans l’espace.
« Ça fait bizarre de l’entendre, on a l’impression qu’il est tout près », souffle Mégane, 10 ans, des étoiles dans les yeux. « C’est un peu comme si on était dans l’espace avec lui », ajoute Inès, 11 ans. Enzo, lui, a déjà décidé de devenir astronaute, pour « m’amuser à faire des cascades en apesanteur » et « faire des expériences pour découvrir de nouveaux médicaments ».
C’est la mairie et le club radio- amateur de Viry qui ont eu l’idée de cet échange hors du commun. Une façon originale de célébrer le centenaire de Port Aviation, le premier aérodrome civil au monde. Depuis septembre, deux classes des écoles Albert-Camus et Jules-Verne travaillaient autour de ce projet, abordant ainsi toutes les matières scolaires de manière ludique et motivante.
« On amène du rêve aux enfants, glisse Eric Billia, radioamateur qui a organisé l’opération, réunissant une dizaine de bénévoles, une antenne motorisée, deux émetteurs-récepteurs et un groupe électrogène de secours. C’est un beau projet, très rare, car l’ISS ne communique que 40 fois par an avec des radioamateurs du monde entier. »
« En France, seule une dizaine d’écoles ont participé à ces échanges depuis 1999 », précise Christophe Candebat, président de l’Amsat, association de radio-satellite.
Tout le projet sur http://ecole.verne.free.fr/
Sandrine Binet Le Parisien | 03.04.2009, 07h00