L’Union européenne pourrait perdre une des fréquences qu’elle a réservé pour son futur système de navigation par satellites (Galileo), auprès de l’Union internationale des télécommunications (ITU). En cause, la Chine !

La Chine qui avait signé un accord de partenariat en 2003 avec l’Europe a donné depuis la priorité à sa propre constellation et projette de lancer 10 nouveaux satellites Beidou entre 2009 et 2010.

Cela signifie que le système chinois sera opérationnel avant Galileo qui n’a cessé de connaître des retards dans son organisation financière et sa gestion industrielle. Avec un retard de 5 ans par rapport au calendrier initial, l’Europe prévoit de passer cette année la commande de 30 satellites Galileo, 4 pour l’In-Orbit Validation et 26 pour la Full Operational Capability en vue du déploiement de la constellation en 2013.

Sans avoir négocié une coordination complète des fréquences, la Chine projette ni plus ni moins d’utiliser les signaux dans la longueur d’onde réservés à l’Union Européenne par l’UIT. La fréquence en question n’est pas des moindres. Il s’agit du Public Regulated Service (PRS) une fréquence réservé aux organismes gouvernementaux liés à la sécurité civile, avec des applications militaires possibles.

Faisant fi des deux satellites Giove A et B lancé en 2006 et 2008 dont la mission principale est d’émettre les signaux Galileo depuis l’espace en se déplaçant sur une des orbites prévues pour la constellation de façon à garantir les fréquences réservées pour le système Galileo auprès de l’ITU, la Chine a officiellement demandé que la fréquence en question, réservée par la Commission Européenne, lui soit rétrocédée.

Note

L’UIT est une agence des Nations Unies qui a attribue les fréquences du spectre radioélectrique afin d’éviter des brouillages préjudiciables entre les stations de radiocommunication des différents pays et gère l’orbite des satcoms afin d’éviter que des satellites trop proches ne brouillent leurs signaux.
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