Le lâcher
Le ballon a pris son envol à 9h40 du collège Saint-Exupéry de BEAUCOURT (90) samedi 12 mai.
Il était équipé en APRS dont les trames étaient insérées entre les trames de télémétrie émises par l’émetteur Kiwi sur 137.950 Mhz.
Les éléves ont pu visualiser également nos trames Aprs grâce à un équipement adéquat installé au collège et également par le biais d’internet.
Equipes opérationnelles
Sur le terrain 2 stations mobiles: F6HOR en Allemagne au Feldberg à 1400 m d’altitude et un mobile de récupération composé de F1SRX et F6AIU.
On savait par les prévisions réalisées que ce ballon nous emmenait dans le secteur du lac de Constance en Allemagne et qu’il y avait donc pas mal de route pour rejoindre le lac depuis le lieu du lâcher. Malheureusement nous ne sommes pas dans le midi de l’exagone et dans l’est la participation des volontaires se réduit toujours aux mêmes participants que l’on peut compter sur les doigts d’une seule main dont un accident de tronçonneuse en aurait coupé quelques uns !
Les méridionaux dont on dit pourtant qu’ils sont fatigués de nature en sont eux presque à refuser du monde dans des opérations similaires.
Bref donc c’est la même équipe qui a implanté le matériel dans la nacelle avant son lâcher et qui a pris la route ensuite pour la récupération tout en sachant que le ballon arriverait avant elle.
L’explosion
L’explosion de l’enveloppe latex s’est faite à 25.017 mètres d’altitude, toutefois l’ascension a été plus longue que la normale pour des raisons qui sont encore inexpliquées, ce qui fait que le ballon a donc parcouru une distance plus grande que celle que l’on pouvait en attendre.
Les trames Aprs ont été perdues par la station en point haut (DL/F6HOR) à l’altitude de 5.021 mètres mais heureusement le mobile de récupèration (DL/F1SRX-F6AIU)a pu recevoir une trame aux alentours de 4.000 mètres alors qu’il se trouvait dans le secteur de Fridrischafen (ce n’était pas le salon).
Il restait alors plus d’une heure trente pour rejoindre les coordonnées de cette trame (sauf l’altitude bien sûr!) qui se rapprochait des montagnes Autrichiennes.

J’y va-ti j’y va-tipas?
L’organisateur nous fait savoir par téléphone satellite que compte tenu de la distance que nous avions déjà parcouru, il comprendrait que nous n’allions pas plus loin et que nous abandonnions la mission confiée qui risque de ne pas aboutir.
Que nenni ma fois! après mise aux voies (2 pour, aucune abstention chorum atteint) nous décidons de continuer, on verra bien ce que l’on trouvera en Autriche et puis c’est l’Europe quand même.

L’expédition continue donc, encouragée par la réception de temps en temps d’un soupçon de signal, alors que vu l’heure on sait que la nacelle a terminée son voyage, nous n’avons toutefois pas sa position au sol. Plus d’une heure trente plus tard, dans la traversée d’un village allemand, le signal est reçu plus confortablement mais nécessite toutefois pour être décodé d’installer une antenne directive. Ce qui fût fait entre deux maisons et ouf grand merci, nous venons de décoder sa position précise au sol 47.53867N 10.070E.

Le passage du Cap Horn (doit y avoir une erreur)
Nous venons pour la première fois de passer le 10 ème méridien, peut-être pourrait-on, maintenant passer à la petite collation que nous nous étions réservée pour le midi. Niet ou plutôt « nein » nous ne sommes pas encore en Russie (mais on s’en approche) on continue.

Arrivé dans la zone, nous attaquons par un flan de moyenne montagne mais après un bon crapahut pédestre, nous devons rebrousser chemin malgré une position à 1,5 kms du point de chute.
Nous décidons donc d’attaquer la montagne par son autre flanc non sans avoir auparavant redescendu une dizaine de kilomètres pour faire l’acquisition d’une carte d’état major du secteur.

Bref on sait les allemands de bons randonneurs, comme nos amis suisses, mais j’espère qu’ils ont d’autres cartes que celle que nous nous sommes procuré. Imaginez une courbe de niveau tous les 100 mètres seulement, c’est difficile à faire un choix pour crapahuter.

Le picnic
16H30 On se pose enfin quelque part pour notre petite collation de midi, ce n’est pas tant que nous soyons des adeptes des gastros Oms qui réunissent plus de participants que pour des activités comme celle-là, mais nous avons déjà bien crapahuter et prudence oblige, il faut éviter la fringale.

Vraiment je vous l’assure il y à un bon dieu, si, si nous l’avons rencontré (regardez bien la photo, n’y a-t-il pas quelques ressemblances avec le fils?) En tout cas après nous être installé pour le picnic à proximité d’une ferme isolée, ses habitants sont venus à notre rencontre faire connaissance, intrigués par notre présence (en fait on avait crut qu’il s’agissait d’une ferme auberge mais nous apprendrons plus tard que ce n’était pas le cas). Grâce à Stéphane F1SRX qui maitrise l’allemand le dialogue s’est donc établi avec cette famille de haute altitude et de haute gentillesse.

C’est reparti
Tant bien même que le crapahut suivant notre remise en forme s’est fait en leur compagnie, nous voici donc avec des guides qui connaissent le terrain comme leurs poches. Après 2 heures de marche dans des pentes destinées plus à des pistes noires qu’à un fumeur de cigarettes, nous voici enfin au pied d’un majestueux sapin qui enlace à 20 mètres du sol la nacelle dans ses branches, le parachute étant resté coincé sur son sommet.
Evidemment comme tout bon sapin ayant un peu de bouteille, les premières branches sont à 7 mètres du sol et l’équipement de décrochage que nous avions emporté ne permet pas de faire face à cette situation.
Comment faire alors. Consultation entre F1SRX et F6AIU, d’habitude nous avons avec nous un grimpeur (F5HLQ retraité de la grimpe de l’EDF), mais cette fois il n’est pas de l’expédition. Soudain un bruit de crissement derrière nous venant du sapin, serait-ce la nacelle qui vient de glisser? Non c’est notre hôte accompagnateur qui vient d’attaquer la montée à mains nues du sapin sous le regard admiratif de l’autre personne nous ayant accompagné et qui nous explique qu’il a l’habitude car il fait de la spéléologie. Merveilleux je vous l’avais dit c’est notre bon dieu !

A 19h30 (oui, quand même) la nacelle est au sol et reprenant notre téléphone satellite, nous pouvons enfin annoncer la bonne nouvelle à Damien, le professeur responsable de cette opération au collège et à David du Pavillon des Sciences de Montbéliard sans qui nous ne vivrions pas de telles aventures.

Il ne reste plus qu’à revenir au véhicule (ouf ça descend enfin), à prendre congé de nos hôtes si sympatique et à remettre en route le navigateur de bord pour lui demander l’itinéraire le plus court pour rentrer à la maison. Ce sera par l’Autriche, puis la Suisse car le ballon bien que s’étant posé en Allemagne était situé au-dessus de l’extrémité Ouest de l’Autriche.

1h30 du matin, la nacelle est remise au professeur qui nous a rejoint au collège de Beaucourt avec café croissants, merci Damien. Déception toutefois, le camescope embarqué n’a rien filmé pas plus que l’appareil photo n’a rempli son rôle! D’après le professeur, le lâcher a été scabreux avec des rafales de vent important et le ballon a sérieusement été secoué au départ, ce qui pourrait expliquer les problèmes.

Retour au qra (au jugé) à 4h00 du matin avec plus de 1.200 kilomètres parcourus!

Remerciements
Bravo les gars (autosatisfaction).

Un grand merci à Damien, David, Roland F6HOR, Stéphane F1SRX, swl Bernard et en particulier à Norbert (notre bon dieu) et à ses disciples. Egalement aux lecteurs qui ont eu le courage de me lire jusqu’au bout.

F6AIU